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Fact-checking méthodique
Lateral Reading

Lateral Reading

Le geste qui distingue les fact-checkers professionnels du reste du public. Ne pas juger une source de l'intérieur.

Le « lateral reading » est un terme proposé par Sam Wineburg et son équipe au Stanford History Education Group, dans le cadre du programme Civic Online Reasoning (COR). Il décrit un comportement observé chez les fact-checkers professionnels et largement absent du reste du public.

Whereas historians and students stayed put on the source they were evaluating, professional fact-checkers raced off the page, opening multiple tabs to verify the source's reputation before even reading its content.
Wineburg & McGrew, 2019, Teachers College Record

Lecture verticale vs. lecture latérale

L'approche classique est verticale : on lit une page de haut en bas en cherchant des indices internes de fiabilité (présentation, ton, mentions légales, présence de notes de bas de page). Cette approche échoue systématiquement contre les sites de désinformation professionnels, qui imitent à la perfection l'esthétique des médias légitimes.

L'approche latérale consiste à quitter la page dès qu'on l'a ouverte, à rechercher le nom du média ou de l'auteur dans un autre onglet, et à voir comment des tiers indépendants en parlent. C'est une question de réputation distribuée, pas de présentation locale.

L'expérience qui a tout changé

En 2017, l'équipe de Wineburg a fait passer le même test à trois groupes : 10 historiens accomplis, 10 étudiants de Stanford, et 10 fact-checkers professionnels. Tous devaient évaluer la crédibilité de deux sites de plaidoyer politique, l'un d'apparence respectable, l'autre clairement partisan.

Les fact-checkers ont identifié les deux biais en moins d'une minute, en faisant systématiquement une recherche sur le nom du site avant de lire son contenu. Les historiens et les étudiants ont en moyenne pris dix fois plus de temps et ont fréquemment été dupés par la mise en page du site partisan déguisé.

Pourquoi c'est si dur de l'appliquer seul

Le lateral reading semble simple à décrire. Il est étonnamment difficile à appliquer en pratique parce que le cerveau humain est câblé pour évaluer un objet à partir de sa présentation immédiate. Quitter une page pour aller chercher ailleurs demande un effort de délibération qui résiste à l'inertie cognitive.

C'est précisément pour cela qu'un outil systématise mieux ce geste qu'un humain. Factare ne peut pas « être paresseux » : chaque claim entraîne mécaniquement plusieurs recherches latérales, indépendamment de la conviction initiale du modèle.

Méthode en pratique

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