Méthodologie publique et transparente
Factare
Fact-checking méthodique
Méthodologie SIFT

SIFT : la check-list en 4 gestes

Un protocole pédagogique conçu pour être appliqué en moins de 60 secondes par n'importe qui — y compris quelqu'un qui n'est pas journaliste ou bibliothécaire.

SIFT est un protocole en quatre étapes développé par Mike Caulfield, chercheur en information literacy à la Washington State University. Il a été conçu pour être radicalement simple : applicable par un étudiant en première année, en moins d'une minute, sur un contenu lu ou partagé.

Adopté par des centaines de bibliothèques universitaires nord-américaines, SIFT a remplacé les grilles académiques plus lourdes (CRAAP, RADCAB) dans les cursus de formation à l'esprit critique parce qu'il privilégie un geste central : quitter la source pour aller voir ce qu'on en dit ailleurs.

Don't read a source — read laterally about it. Spend less time on the page in front of you, and more time understanding who's behind it.
Mike Caulfield, Web Literacy for Student Fact-Checkers (2017)

S — Stop

Le premier réflexe est de ne pas réagir. Avant de partager, de croire, ou même de continuer à lire, on s'arrête. Ce geste contre-intuitif désamorce la principale arme de la désinformation : l'urgence émotionnelle.

Un titre choquant active rapidement les circuits affectifs du cerveau et raccourcit le temps de délibération. La discipline du « Stop » consiste à imposer un délai entre la lecture et la diffusion — même de quelques secondes.

I — Investigate the source

On ne lit pas la source pour l'évaluer. On va voir qui est derrière. Wikipedia, en première approximation, est un excellent outil pour cette étape : qui publie ce site ? Quelle est son orientation déclarée ? Existe-t-il des controverses passées ?

Cette étape distingue un fact-checker professionnel d'un lecteur naïf : le pro consacre quelques secondes à la source avant même de plonger dans le contenu. Le lecteur naïf juge la source à partir de son design, de son ton ou de son alignement avec ses propres opinions.

F — Find better coverage

Pour une affirmation factuelle, on cherche d'autres sources qui couvrent la même information. Si trois fact-checkers IFCN, deux quotidiens nationaux et une institution officielle confirment la même chose, le claim est solidifié. Si seul le site initial le rapporte, c'est un signal fort de prudence.

Inversement, on cherche aussi les débunks existants. Une recherche du type site:afp.com [claim] révèle souvent qu'un fact-check a déjà été produit sur cette affirmation précise.

T — Trace claims to original context

On remonte jusqu'à la source primaire. Une statistique citée par un blog, qui cite un article, qui cite une étude — il faut aller jusqu'à l'étude. Souvent, en chemin, le chiffre se déforme, le contexte disparaît, ou la conclusion est inversée.

Cette étape est particulièrement critique pour les citations attribuées à des personnalités, les études scientifiques résumées en titre choc, et les vidéos / images sorties de leur contexte d'origine.

Limites du protocole

SIFT ne remplace pas une expertise de domaine. Sur un sujet médical pointu ou une question géopolitique technique, les quatre gestes peuvent confirmer la « cohérence externe » d'une information sans détecter une erreur substantielle. C'est pourquoi Factare combine SIFT à des grilles plus exigeantes (CRAAP, taxonomie de red flags) et à une triangulation par tiers de sources.

Méthode en pratique

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